Je dirige une PME industrielle de deux cent cinquante personnes, installée entre Sophia Antipolis et Cannes. Depuis deux ans, on me propose du « cloud souverain » à toutes les sauces. Je voudrais dire, très simplement, ce que ce mot devrait vouloir dire — et ce qu'il ne peut pas vouloir dire.
Le socle : le droit
Un cloud est souverain si les données qu'il héberge relèvent, sans ambiguïté, du droit européen, et si aucun droit extra-européen ne peut prétendre y accéder. C'est la condition minimale, non négociable.
Le deuxième pilier : la technique
Un cloud est souverain si son infrastructure, ses logiciels d'orchestration et ses équipes d'exploitation ne dépendent pas d'un acteur soumis, en dernière instance, à un droit non européen. Ce point est plus complexe qu'il n'y paraît, mais nous devons le regarder en face.
« Un cloud n'est pas souverain parce qu'on l'appelle ainsi. Il l'est parce qu'on peut le prouver. »
Le troisième pilier : la commande publique
Un cloud est souverain, enfin, si la commande publique le fait vivre. Sans marché, aucun opérateur ne tiendra face aux hyperscalers américains. Ce n'est pas un choix économique, c'est un choix politique.
Ce que nous, PME, demandons
Nous demandons des labels clairs, des audits publics, des grilles de critères vérifiables. Nous ne demandons pas un cloud parfait. Nous demandons un cloud honnête, dont nous pourrons expliquer les choix à nos clients et à nos administrateurs.
Sans ce sérieux collectif, le mot « souverain » deviendra un boulet marketing. Et nous, industriels, en paierons le prix.
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