Côte d'Azur

Enquête

Sophia Antipolis : la crise silencieuse du logement et des transports

Recrutements bloqués, salariés qui font une heure de route matin et soir, prix de l'immobilier inaccessibles : la technopole butte sur son quotidien.

Par Sarah DelaunayLecture 8 min
Route menant à Sophia Antipolis aux heures de pointe

Sept heures et quart, ronds-points des Trois Moulins : la file s'étire déjà. À l'entrée de Sophia Antipolis, la matinée commence dans le même goulot d'étranglement depuis plus de dix ans. La technopole française la plus célèbre bute sur son quotidien.

Un salarié sur deux fait plus de 45 minutes de route

Les enquêtes internes des grands employeurs convergent : la moitié de leurs effectifs met plus de trois quarts d'heure pour venir travailler. « Nous perdons des candidats à cause de ça, régulièrement », reconnaît le DRH d'un centre de R&D. Les concours d'idées se multiplient, les solutions concrètes se font attendre.

Vue urbaine de Nice

Le logement, l'autre bombe

Les prix de l'immobilier autour de la technopole ont grimpé de plus de 40 % en dix ans. Pour un jeune ingénieur qui débarque, se loger à moins de trente minutes du bureau relève souvent de l'exploit.

« Nous recrutons des talents que nous n'arrivons plus à installer. C'est la première menace pour notre attractivité. »

un directeur RH d'un grand groupe

Les projets sur la table

Bus à haut niveau de service, réouverture partielle de la ligne ferroviaire Cannes-Grasse, résidences employeurs, coopératives d'habitants… Les pistes sont nombreuses. Aucune n'avance à la vitesse attendue par les entreprises.

La Métropole et le département tentent de synchroniser leurs efforts. Mais l'histoire administrative complexe du plateau, réparti sur plusieurs communes, n'aide pas.

Un modèle à réinventer ?

Certains acteurs plaident pour un basculement radical : concentrer les activités les plus intenses en effectifs sur Nice ou Antibes, réserver Sophia à la R&D et aux laboratoires. Une révolution culturelle qui n'a pas encore trouvé son porteur politique.

Faute d'agir vite, la technopole risque de payer son immobilité. Aucun bâtiment neuf ne rattrape des heures perdues chaque jour dans les bouchons.

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