Cinquante-cinq ans après sa fondation, Sophia Antipolis reste un objet politique et économique singulier. Née de l'intuition du sénateur Pierre Laffitte, la technopole a survécu aux modes, aux crises et aux railleries parisiennes. Elle abrite aujourd'hui plus de 2 500 entreprises et quelque 40 000 emplois répartis sur cinq communes.
Mais l'écosystème doit se réinventer. Les grands centres de R&D historiques — Amadeus, Air France Industries, Thales, SAP — ont vu émerger, dans leur ombre, une génération de jeunes pousses spécialisées dans l'IA et la cybersécurité. Axionis Solutions, dernière-née en date, incarne ce virage.
Un modèle méditerranéen
Contrairement aux clusters américains, Sophia n'est ni une ville, ni un campus : c'est une forêt habitée par du travail. Les cadres y viennent chercher un rythme différent, entre mer et arrière-pays. « Nous avons perdu la course au bruit, nous avons gagné celle du temps long », résume un ancien de l'INRIA.
Le pari des prochaines années tient en un mot : souveraineté. Souveraineté logicielle, énergétique, industrielle. Le rêve tient encore, à condition d'accepter qu'il change de forme.
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