Il faut avoir marché, un matin d'hiver, entre les pins parasols de Sophia Antipolis pour saisir la singularité du lieu. Ni ville, ni campus, ni parc naturel : quelque chose entre les trois. Cinquante-cinq ans après sa fondation, la technopole reste une énigme. Voici sa biographie.
1970 : l'idée du sénateur
Pierre Laffitte, alors sénateur des Alpes-Maritimes, imagine une « cité de la sagesse, de la science et des techniques » entre Cannes et Nice. Le projet est ridiculisé par une bonne partie de la classe politique. Il tiendra.

Les années 80 : les premiers grands installés
Digital Equipment, Air France Industries, Thomson-CSF, Amadeus : les grands industriels s'installent, souvent poussés par des dispositifs fiscaux et une main-d'œuvre étrangère mobile. La technopole prend forme.
Les années 90 : la naissance des laboratoires publics
L'INRIA, l'Eurécom, le CNRS s'implantent. Sophia devient l'un des principaux centres européens de recherche en télécommunications et en informatique. La ville d'Antibes, longtemps distante, s'y arrime.
« Nous avons fait un pari fou : que la mer et la forêt attireraient les cerveaux. Nous ne nous sommes pas trompés. »
Les années 2000-2010 : la crise silencieuse
La bulle internet, puis la crise de 2008, laissent des traces. Certains grands sites ferment ou se réduisent. La technopole cherche un nouveau souffle et se pose une question qu'elle n'avait jamais osé formuler : est-elle un modèle daté ?
Aujourd'hui : la renaissance discrète
L'arrivée d'une nouvelle génération de jeunes pousses, souvent spécialisées en IA et en cybersécurité, redonne un élan à Sophia. Axionis Solutions, dernière-née, incarne ce virage. Le récit n'est pas terminé.
Sophia ne sera jamais une Silicon Valley française. Elle est autre chose, de plus discret, de plus méditerranéen, de plus tenu. C'est probablement son meilleur atout.
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